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Le Cercle est la création de Thierry Gaulin, professeur d'histoire et géographie, ufologue du Languedoc-Roussillon, enquêteur de terrain et, à l'occasion, auteur.
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    Le commandement interarmées de l'espace (C.I.E.) a été créé par la France en 2010. Voir la rubrique "Les institutions et la recherche sur les P.A.N.

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La recherche ufologique française: 1970-1990

Jeudi 4 février 2010 4 04 /02 /Fév /2010 11:39

  Durant cette période, il s'est passé beaucoup de choses: une médiatisation importante du phénomène O.V.N.I., bien différente de celle que nous connaissons aujourd'hui, les débuts du G.E.P.A.N., la construction d'associations renommées, la grande vague de 1990, etc... Tant d'événements qu'il est impossible de retracer un historique précis en un seul dossier. Le Cercle reviendra donc sur ce thème.

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Jeudi 4 février 2010 4 04 /02 /Fév /2010 11:44

  Association gardoise, V.E.R.O.N.I.C.A. a eu un impact bien au-delà des limites départementales. Avec une centaine de membres répartis dans toute la France, elle a produit une somme de travail colossale.

  Le Journal Officiel de février 1974 consacre la naissance du gropuement intitulé Vérifications et Etudes sur les Rapports d’Ovni pour Nîmes[1] et la Contrée Avoisinante. Association de type loi 1901 ses objectifs sont simples : enquêter sur le terrain auprès des témoins et vulgariser ses découvertes au moyen de spectacles audio-visuels[2], de stands animés par ses membres jusque dans les campings de la région, ainsi que d’un bulletin d’information.
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  A l’origine de sa fondation. Charles Gouiran, issu d’un groupe d’étude de l’A.M.O.R.C.
[3]. Il a réussi le tour de force de grouper autour de lui quantité de gens d’origines diverses, aux formations et opinions multiples. Médecin gardois, professeur de Lettres, bouquiniste girondin, commerçant, ancien militaire, colonel à la retraite, ancien agent des services de renseignements français, agent des Renseignements Généraux[4], fonctionnaires, commerçants… tous ont, pour un temps, travaillé dans l’objectif commun de résoudre le mystère posé par le phénomène O.V.N.I.[5].

 


[1] Préfecture du Gard.

[2] Projections de diapositives, puis, le temps passant, de films réalisés par V.E.R.O.N.I.C.A.

[3] Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix.

[4] Monsieur Justin Bonnefond.

[5] Objets Volants Non Identifiés, de l’anglais U.F.O., Unidentified Flying Object.

 

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Jeudi 4 février 2010 4 04 /02 /Fév /2010 12:00

            Très vite, le groupement a mis en place un certain nombre de structures, tant pour l’enquête de terrain que pour la mise à la disposition du public des résultats de leur travail effectué sur le terrain.

 

            Ainsi, les rencontres avec les témoins, la recherche des traces éventuelles, les démarches auprès des gendarmeries, etc… s’effectuaient habituellement en binôme. A la fin des années 1970, surfant sur la vague médiatique, l’association comprenait plus de 200 membres, généralement domiciliés à Nîmes ou dans le Gard, mais aussi sur une bonne partie du territoire national. Aucun problème donc pour trouver des équipiers, même si les membres régulièrement actifs se limitaient à une vingtaine, à peine 10% des adhérents.

 

            V.E.R.O.N.I.C.A. organisait régulièrement des S.O.S.C. ou soirées d’observation du ciel. Ces veillées nocturnes voyaient les membres volontaires[1] se positionner à différents endroits autour de Nîmes et à travers tout le Gard, petits groupes par petits groupes, reliés les uns aux autres par des émetteurs-récepteurs radios. Appareils photos et caméras prêts, chaque équipe scrutait le ciel dans l’espoir d’apercevoir un O.V.N.I. et d’enregistrer la preuve de son passage. Lorsque quelqu’un observait un phénomène non identifiable, on prévenait par radio un autre groupe que l’on estimait plus proche de l’élément mystérieux et ainsi de suite jusqu’à ce qu’une explication soit donnée à l’observation… ou qu’elle reste un mystère sur lequel allaient devoir se pencher les enquêteurs. Avec ce système, tout ce qui avait pu être vu sans être interprété fut finalement identifié. Mais l’intérêt était double : ces veilles avaient en outre pour effet de regrouper les gens, de les motiver et de les rendre plus solidaires.

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            L’essentiel de la diffusion interne des informations obtenues par le travail des membres se faisait lors des réunions. L’association éditait également un petit bulletin trimestriel, où les informations les plus importantes étaient reprises et développées. Pour beaucoup d’adhérents, du fait de leur éloignement, c’était là le seul moyen de suivre les actions entreprises et de prendre connaissance des résultats. Ainsi, pour Jean-Luc Proust de Lormont[2], le bulletin était le seul moyen de se tenir  régulièrement au courant.

 

            La diffusion de l’information pouvait aussi se faire à destination d’un public étranger à V.E.R.O.N.I.C.A. et pour lequel le phénomène O.V.N.I. restait une préoccupation tout à fait marginale, même si les médias des années 1970 et du début des années 1980 firent leurs choux gras des « soucoupes volantes ». Des conférences et débats étaient organisés, des spectacles audio-visuels étaient montés.



[1] Jusqu’à 50 personnes lors de certaines soirées.
[2] A côté de Bordeaux.

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Jeudi 4 février 2010 4 04 /02 /Fév /2010 12:06

  Parmi les plus belles réussites à porter au crédit des investigations de V.E.RO.N.I.C.A., la découverte et la publication en juin 1976 d’un texte écrit en 1621 en vieux français et décrivant une expérience vécue par les populations de nos régions « Les signes effroyables nouvellement apparus en l’air sur les villes de Lyon, Nîmes, Montpellier et autres lieux circonvoisins au grand étonnement du peuple[1]. En voici quelques extraits : […] des visions qui ont souvent apparus en l’air, non point d’Estoilles, ne de Comette d’un Soleil obscurcy, ou d’une Lune qui lui cause son Ecclipse (car toutes ces choses sont naturelles) : mais des Armees d’hommes marchants par trouppes et combats qu’on a veu en l’air, et autres choses semblables, et qui sont visions lesquelles certainement trompent les yeux de l’homme. […] des choses du tout estranges et hors le cours de nature. Sçavoir sur la grande place de Bellecourt virent comme une grande montaigne, sur la quelle estoit la figure d’un Chasteau duquel sortoient force esclairs […] en l’air, comme la forme d’un Bataillon de gens d’armes à cheval, à la teste desquels il y avoit une Estoille fort lumineuse, qui sembloit les conduire, laquelle estoit plus grande et plus claire que celles que l’on voit ordinairement au Ciel […] un grand Soleil fort resplendissant, lequel estoit entouré d’un nombre d’autres flambeaux lumineux et sembloit vouloir cheminer droit sur la Tour Romaine, que l’on appelle la Tour Magne, sur laquelle il paroissoit comme des chariots en feu tout entouré d’Estoilles fort esclairantes […] quantitez de flambeaux ardents en forme de torches, de la lumière desquels sortoit nombre comme de lances de feu qui alloient de part et d’autre. » Un fascicule de 16 pages pour un très ancien témoignage portant sur l’observation de phénomènes non explicables, et toujours non expliqués.


[1] Evènements survenus le 12 octobre 1621.


  Parmi toutes les enquêtes réalisées, une retient particulièrement l'attention. Elle fut menée par Mademoiselle Beaujouan et Messieurs Danan, Gouiran, Lemonier, Mathieu et Perier, elle met en scène un adolescent de 16 ans, Christophe Fernandez[1].

 

  Le 19 novembre 1974, vers 18h, il s’apprête à quitter la maison de ses parents, au Sud d’Uzès, lorsqu’il observe une boule lumineuse à environ 35 mètres de lui. Elle semble posée au sol, ou en position stationnaire au raz du sol et ce en dépit d’un fort mistral. Il n’arrive pas à trancher. Sa couleur est indéfinissable. Son aspect général fait qu’il écarte d’emblée l’idée d’une surface métallique. La sphère, très lumineuse, n’éclaire pourtant pas les environs et Christophe a parfois l’impression de voir « au travers ». Il n’en est toutefois pas certain et estime son diamètre entre 180 et 250 centimètres.

 

  Se sachant seul au domicile, les voisins les plus proches étant à 150 mètres, il prend peur et va chercher une carabine pour se rassurer. Il reprend alors son observation qui va durer 10 à 15 minutes.

 

  Il sort ensuite, muni d’un appareil photographique. Il s’approche d’une douzaine de mètres avant de commencer à percevoir un bruit continu mais d’intensité inégale. L’intérieur de la sphère lumineuse s’anime soudain : Christophe voit distinctement des formes circulaires en déplacement lent.

 

  Il prend au total deux séries de photographies : trois clichés à 35 mètres de distance et deux à 23 mètres. Quatre des cinq images se révèleront exploitables, la qualité de la dernière empêchera d’y distinguer quoi que ce soit.

 

  La sphère finit par s’élever dans les airs avant de s’immobiliser à nouveau vers 4 ou 5 mètres de hauteur. Un cylindre sort alors de sa partie basse. Christophe évalue sa longueur à 1 mètre au maximum et son diamètre à 40 centimètres. La luminosité qui se dégage de ce « nouvel appendice » est beaucoup plus forte que celle qui émane du reste du phénomène. Le témoin utilise ses mains comme visière afin de se protéger les yeux.

 

  L’objet s’envole soudainement, droit vers le ciel, à une vitesse foudroyante. Une vive chaleur ainsi qu’une étrange odeur se dégagent de l’endroit où était « posé » l’O.V.N.I. et vont se maintenir toute la soirée.

 

  Dans son ensemble, l’observation a duré une demi-heure, de 18h à 18h30. Le berger allemand de la maison ne s’est signalé à aucun moment, ni par des aboiements ni par un comportement étrange. Dès le lendemain, le témoin et sa famille ont pu constater que les oiseaux s’étaient « réappropriés » l’endroit. A contrario, les lapins sauvages, omniprésents jusqu’alors, avaient fui les lieux et n’allaient pas revenir.

 

  Les photographies comme les négatifs[2] ont pu être examinés par V.E.R.O.N.I.C.A., notamment par M. Jarretie. Aucun trucage n’y a été décelé.
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         Les enquêteurs de V.E.R.O.N.I.C.A. ont pu constater que la radioactivité du lieu de l’observation était normale. De même, aucune perturbation magnétique n’est relevée, ni aucune trace sur la végétation environnante
[3]. Par contre, on s’aperçoit qu’une source d’eau souterraine passe à la verticale de l’endroit où était stationné l’O.V.N.I. Enfin, des échantillons du sol sont prélevés pour être expédiés pour analyse à Claude Poher[4]. Les résultats restent inconnus à ce jour.

 

  D’autres personnes ont assisté à l’arrivée de l’objet volant non identifié. La voisine de la famille Fernandez, Madame Clutien, ses deux fillettes et son neveu, ont observé depuis leur maison située à quelques 150 mètres de distance, le lent atterrissage de ce même phénomène vers 18h. Ils s’en sont ensuite désintéressés.

 

  Ce même 19 novembre 1974, une sphère est aperçue par un autre témoin, se dirigeant vers Uzès.


[1] Son père est alors professeur d’Enseignement Technique au lycée d’Uzès.

[2] Ces derniers ne sont plus disponibles aujourd’hui : laissés sans surveillance, ils ont été dérobés dans les locaux de la Maison des Jeunes d‘Uzès peu de temps après les premiers examens réalisés par V.E.R.O.N.I.C.A..

[3] Cela est peu significatif puisque l’enquête s’est déroulée un peu plus d’un mois après les événements.

[4] Dans les années 1970, Claude Poher collabore avec le Groupe d’Etude des Phénomènes Aériens, une association française d’étude du phénomène O.V.N.I., avant de devenir le directeur du G.E.P.A.N.


  Le Cercle souhaite lancer un appel  à témoin concernant ce dossier: toute personne ayant participé de près ou de loin à cette enquête, tout témoin, à commencer par le témoin principal mentionné ci-dessus ou encore sa famille, est prié de me contacter en écrivant à l'adresse du Cercle. Thierry Gaulin.

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Jeudi 4 février 2010 4 04 /02 /Fév /2010 12:30

  A 24 ans, Rose C. est une jeune divorcée mère d’une petite fille de 4 ans qui vit avec son père dans un quartier tranquille de la banlieue nîmoise. Dans la nuit du 10 ou 11 avril 1952, Rose C. se trouve en pleine garrigue, dans le mazet familial, où elle est venue chercher quelques affaires qui lui permettront de donner à sa fille en pleine croissance un « lit de grande ». Son récit a été publié dans Rencontre avec les extraterrestres paru en 1979 aux éditions du Rocher.

 http://www.artivision.fr/docs/RoseCcouv1.jpg

  Rose est réveillée par les grondements de ses chiens. Excités par quelque chose qui se trouve à l’extérieur, ils grattent la porte, veulent sortir. Rose entrouvre, les laisse aller puis, ne les voyant pas revenir, se décide à les suivre. C’est en les cherchant qu’elle va être éblouie par « un éclair de lumière blanche ». Après le « flash », elle est surprise de trouver devant elle un homme qui lui adresse la parole. A cette première rencontre va s’ajouter celle avec trois « géants » d’environ 2,35 mètres. Tous quatre lui demandent des livres. N’importe quels livres… Elle leur remettra de vieux livres et journaux, quelques spécimens de pièces et billets de l’époque. Effrayée, Rose se montre quand même curieuse face à ces visiteurs et ils l’informent qu’ils viennent des étoiles. Elle voit également un engin gris mat, énorme, de la forme d’un immense « canotier », immobile dans les airs à plus d’un mètre du sol et qui semble attendre, du moins le suppose-t-elle, son équipage.

 

  Au fil de la discussion, l’individu de taille normale lui révèle qu’il serait en réalité le seul Terrien du groupe. Il serait même de nationalité française mais vivrait avec les extraterrestres depuis 20 ans. En outre, dans leur monde, le temps ne s’écoulerait pas de façon similaire à celui de notre planète. Lorsqu’il invite Rose C. à suivre la même voie que lui, celle-ci refuse en songeant à sa famille qu’elle serait obligée d’abandonner.

 

  Ils l’informent également qu’ils seraient venus sur Terre pour récolter des échantillons de plantes, de roches et d’autres matériaux dans le but d’étudier les conséquences des explosions atomiques sur l’environnement planétaire. Ils semblent très concernés par notre devenir, étant donné que « Tout ce que vous avez sur Terre, nous l’avons aussi » : tout aurait été amené par leurs lointains ancêtres[1]. C’est ainsi que nous apprenons que la Terre a été terraformée[2] et que la vie y a été introduite par ces entités. Les hommes d’aujourd’hui descendraient également d’eux mais, « au fil des générations, tout a rapetissé » sur notre planète. On peut noter au passage que l’évolution humaine semble prouver le contraire : nous sommes plus grands que nos lointains ancêtres dont nous avons retrouvé la trace sous forme de squelette par exemple.

 

  Rose C. a aussi appris les raisons de la terraformation du globe : les extraterrestres auraient eu besoin d’une planète pénitentiaire pour y déporter, après amputation d’une partie de leurs connaissances, les criminels en tous genres. Nous serions donc, à l’image d’une bonne partie des Australiens, des descendants de prisonniers. Au moins un autre monde habité existerait dans les étoiles. Il serait peuplé de « petits hommes » spécialistes de la miniaturisation ! Les extraterrestres de Rose C. ne semblent pas non plus dépourvus de tout talent dans le domaine technologique. Elle raconte qu’elle aurait assisté, sans toujours en comprendre la raison, à des démonstrations de télékinésie, de téléportation ou de « missing-time »[3]. Enfin, lorsque la « soucoupe » décolle, un minimum de bruit est perçu, un peu comme le ronflement d’un ventilateur.

 

  Certaines informations peuvent sembler vaguement inquiétantes. Les visiteurs, tout au long de leur discussion, font preuve d’un grand respect de la vie sous toutes ses formes (jusqu’à celle des rats qui ont envahi le placard où étaient entreposés les livres et revues). Rose C. est ainsi mise en garde : « Tous les 12 000 ans à peu près, vous (les Terriens) déclenchez un cataclysme avec vos expériences ! » S’agit-il là d’une tentative d’avertissement ? Cette phrase rejoint les théories développées au milieu des années 1990 par Graham Hancock dans « L’empreinte des dieux ». Lui aussi fait remonter à cette période la dernière grande destruction dont aurait eu à souffrir l’humanité.

 

  Rose C. avait l’habitude de démentir toute idée selon laquelle, suite à cette expérience, elle se serait sentie missionnée d’une quelconque façon. Pourtant, le récit qu’elle fera de sa vie laisse planer un doute. Dès le lendemain de son observation, au moment de couper des lilas pour les ramener dans sa maison de banlieue, elle « sent » les fleurs se révolter contre ce « mauvais traitement » qu’elle est sur le point de leur infliger et abandonne son projet. Ce sentiment, cette perception extra-ordinaire, serait né de l’enseignement transmis par l’un des géants. Là encore, on peut être surpris par le fait que les E.B.E. avaient auparavant prélevé des échantillons de plantes…

 

  Le monde paraît plus beau à Rose après cette visite. Tout cela ressemble fort à un conte philosophique à la Paul Coelho. On retrouve des éléments du culte chthonien, du culte de la Pachamama, la Déesse Mère, la Terre. Rose C. raconte : « Je m’agenouillai un peu comme l’on s’agenouille pour prier et je caressai la terre avec mes mains. Elle était sèche. En garrigue, c’est toujours ainsi… Je mouillai mes doigts avec de la salive et les passant sur la terre les reportai à ma bouche. Je goûtai la Terre… J’étais là comme un bébé ayant sur la langue quelques gouttes du lait de sa mère… Comme lui je goûtais la saveur de ce lait que m’offrait ma Mère la Terre… Soudain mes yeux se brouillèrent et les larmes roulèrent sur mes joues. J’étais en proie à une émotion jamais ressentie avec une telle intensité ! » Et plus loin : « J’aimais la Terre et tout ce qu’elle contenait. »

 

  Ce témoignage, ces informations sont le fruit du travail d’une équipe de V.E.R.O.N.I.C.A. et en particulier de Charles Gouiran qui s’est très vite saisi du dossier et lui a porté une attention toute particulière. Les propos de Rose C. ont été méticuleusement recueillis avant d’être publiés.

 

  Robert Lascols a adhéré à V.E.R.O.N.I.C.A. en 1974, alors que l’association venait de naître. Mettant un point d’honneur à toujours  privilégier l’aspect matériel et concret du phénomène, il a suivi de près le travail effectué sur l’observation de Rose C. et y a même pris une part active.

 

  Il se souvient qu’une querelle est apparue au sein de l’association quand il s’est agit de publier les résultats du travail effectué sur Rose C.. Un membre de l’association, Jean-Pierre Monteil, ayant exprimé son désir d’écrire un livre sur l’histoire de Rose C.,  il lui fut répondu par Charles Gouiran qu’il n’était qu’un écrivaillon et que ce travail requerrait quelqu’un de plus grande envergure. A partir de là, tous deux s’employèrent à se discréditer mutuellement jusqu’à ce que, finalement, C. Gouiran l’emporte et publie le livre.

 

  Cet épisode est particulièrement révélateur des tensions qui pouvaient exister à l’intérieur de l’association à ce moment là.

 

  Robert Lascols a longtemps été le gardien des archives de V.E.R.O.N.I.C.A.. Certaines informations y ont été conservées qui ne furent pas incluses dans l’ouvrage de Charles Gouiran sur Rose C..

 

  Les enquêteurs du groupement ont pu interroger un jeune témoin, un enfant de moins de 10 ans qui résidait dans les années 1950 à Arrigas, à l’ouest du Vigan, encore dans le département du Gard mais à peine à quelques deux kilomètres de l’Hérault, qui leur a fait un récit bien étrange où il était question d’une « mamée » sortant d’un engin extraterrestre. En langage du sud, une « mamée » est une mamie, une femme d’un grand âge, une grand-mère…

 

  D’après le témoignage de Rose C., la « mamée », c’était elle. Il y a là de quoi remettre en cause certains éléments du récit de la célèbre contactée. En effet, Rose C. est alors âgée de… 20 ans ! Comment un enfant, même fragile et perturbé par la vision d’une expérience hors du commun, pourrait-il confondre une personne jeune, à peine sortie de l’adolescence, avec une « mamée » ? Certes, les enfants éprouvent naturellement des difficultés à évaluer l’âge des adultes, mais peuvent-ils réellement confondre jeunesse et vieillesse ?

 

  Cette information ne se trouve signalée nulle part dans l’ouvrage de Charles Gouiran. En tant que président de V.E.R.O.N.I.C.A., il est peu vraisemblable que cet aspect de l’enquête lui ait échappé mais cela reste possible.  Toujours est-il que ce témoignage jette un voile sur la crédibilité du récit tel qu’il a été fait par Rose C..

 

  Robert Lascols, qui a rencontré Rose C. en 1979, a développé à titre personnel une théorie qui cadre avec les faits. Le témoignage de l’enfant mettrait en scène la grand-mère de Rose C. Celle-ci aurait en effet témoigné d’une expérience similaire à celle de l’histoire de Rose C.. Sa petite-fille se serait ensuite appropriée le récit de son aïeule. Ainsi, sans remettre en cause l’existence d’un phénomène déclencheur, l’authenticité du témoignage de Rose C. apparaît moins évidente. Il est hélàs aujourd’hui impossible d’interroger la grand-mère, déjà décédée lorsque l’affaire fut portée à l’attention des médias.

 

  D’autres membres de V.E.R.O.N.I.C.A. doutèrent de la version de l’histoire défendue par Charles Gouiran. Parmi ceux-ci, Michel Guichard, coiffeur nîmois décédé depuis une vingtaine d’années, dont le travail d’enquêteur s’était révélé essentiel puisque c’est lui qui avait permis de prendre connaissance de l’existence du jeune témoin et de retrouver sa trace. Ou encore Robert Asencio, qui entra en ufologie dès 1960 et fut l’un des premiers à dénoncer, avec Alain Esterle, l’imposture de l’affaire de Cergy-Pontoise[5]. Il attribue dans l’affaire Rose C. un rôle important à un grand monsieur des débuts de l’ufologie française, Henri René Guieu, plus connu sous le nom de Jimmy Guieu.

 

  Né à Aix-en-Provence le 19 mars 1926, Jimmy Guieu fut l’un des premiers français à se pencher sur le dossier des objets volants non identifiés[6]. Jusqu’à sa mort le 2 janvier 2000, Jimmy Guieu alternera récits de science-fiction et d’ufologie. On se souviendra en particulier de son engagement en faveur de la véracité du cas de Cergy-Pontoise.

 

  C‘est en tant qu’ami de Charles Gouiran et patron d’une maison d’édition que Jimmy Guieu intervient sur le dossier Rose C.. Mais Monsieur Asencio voit également en lui une personne qui « fabriquait des contactés ». Selon son témoignage, Jimmy Guieu introduisait des souvenirs à partir d’une simple observation, et faisait ainsi marcher le monde de l’édition. Henri Asencio n’hésite pas à déclarer que Jimmy Guieu est à l’origine de la plupart des affaires de contactés de l’époque, y compris celle de Jean Miguères[7]. Ainsi, si beaucoup des cas connus seraient des histoires montées de toutes pièces à des fins commerciales, il ne remet néanmoins pas en cause la possibilité de l’existence de véritables contactés.

 

  Dans tous les cas, les anciens membres de V.E.R.O.N.I.C.A. qui ont accepté d’être interrogés[8] conviennent que la publication du livre Rencontre avec les extraterrestres fut aussi une affaire d’argent.

 

  Charles Gouiran, à qui certains membres de V.E.R.O.N.I.C.A. reprochèrent dans les années 1970 d’avoir travaillé trop vite et publié trop tôt, était réputé pour avoir du mal à accepter que l’on critique ses méthodes de travail[9]. Les témoignages reçus par l’auteur semblent indiquer qu’il s’était enflammé en prenant connaissance du récit de Rose C. et qu’il n’avait pas su rester objectif par la suite.

 

  C’est en tous cas à partir de cette histoire que les dissensions prirent de l’ampleur au sein de l’association. Des cellules virent le jour, les informations furent cloisonnées de peur que certaines ne filtrent jusqu’à Jimmy Guieu. La confiance n’était plus de rigueur.


[1] « Rencontre avec les extraterrestres », Editions du Rocher, 1979, page 39.

[2] Processus qui consiste à transformer un environnement afin de le rendre viable.

[3] Temps manquant.

[5] Rappelons qu’il s’agissait ici d’un faux cas d’enlèvement, dont les protagonistes finirent par avouer qu’il s’agissait d’un canular. Lire à ce sujet Contacts ovni Cergy-Pontoise, par J. Guieu, éditions du Rocher, 1980.

[6] A lire absolument, son premier ouvrage d’ufologie, Les Soucoupes Volantes viennent d’un Autre Monde, aux éditions Fleuve Noir, 1954.

[7] Voir, entre autres, J’ai été le cobaye des extra-terrestres, de Jean Miguères, 1977, éditions Promazur-RG, collection « Connaissance de l’étrange ».

[8] Un seul a refusé.

[9] Toujours selon le témoignage des personnes interrogées.

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